Innovation économique
A la Une

Gazoduc Nigeria–Maroc : Rabat recherche 26 milliards de dollars auprès de la Banque mondiale et de l’Exim Bank américaine

@Innovation économique. Le Ouagalais

Le Maroc intensifie sa stratégie de financement pour le gazoduc Nigeria–Maroc. Le Royaume sollicite un financement de 26 milliards de dollars auprès de deux grandes institutions financières internationales ; la Banque mondiale et l’Export-Import Bank (Exim Bank) des États-Unis. Cette nouvelle étape confirme l’importance géostratégique d’un projet énergétique qui ambitionne de transformer les échanges gaziers entre l’Afrique et l’Europe.

Selon des informations rapportées par Bloomberg, citant l’ambassadeur du Maroc aux États-Unis, Youssef Amrani, Rabat est en discussion avec la Banque mondiale et l’Export-Import Bank des États-Unis (Exim Bank) afin de mobiliser 26 milliards de dollars nécessaires à la réalisation du projet.

Cette démarche intervient dans un contexte de fortes tensions sur les marchés internationaux de l’énergie. Les perturbations des approvisionnements en hydrocarbures liées aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient renforcent, selon les autorités marocaines, la nécessité de diversifier les sources d’approvisionnement énergétique de l’Europe.

Le diplomate marocain a qualifié le gazoduc atlantique de « l’un des projets d’infrastructure les plus ambitieux actuellement en développement en Afrique ».

voir aussi: Gazoduc Nigeria-Maroc : les dirigeants de la CEDEAO apportent leur soutien politique au projet de 25 milliards de dollars

Le projet bénéficie désormais d’un appui politique renforcé. Le 19 juillet 2026, les chefs d’État de la CEDEAO ont signé un accord intergouvernemental officialisant leur soutien au gazoduc Nigeria–Maroc.

L’infrastructure prévoit 6 800 kilomètres de gazoduc longeant la façade atlantique ; 13 pays d’Afrique de l’Ouest traversés ; une capacité annuelle de 30 milliards de mètres cubes de gaz ; 50 % des volumes destinés au Maroc et 50 % exportés vers le marché européen.

Le démarrage des travaux est annoncé pour 2028, tandis que les premières livraisons commerciales sont attendues à partir de 2031, sous réserve de la mobilisation complète des financements.

L’un des éléments les plus marquants de cette nouvelle phase concerne la nature des bailleurs sollicités. Contrairement à de nombreux projets régionaux principalement financés par des banques africaines de développement, Rabat se tourne vers deux partenaires majeurs hors du continent.

voir aussi: Afrique| économie : Afreximbank et la banque centrale veulent créer une banque panafricaine de l’or au Caire

La Banque mondiale, institution multilatérale de financement du développement et l’Export-Import Bank des États-Unis (Exim Bank), agence fédérale américaine spécialisée dans le soutien aux exportations et aux grands projets d’infrastructures.

Un porte-parole de l’Exim Bank a confirmé avoir engagé des discussions préliminaires autour du projet. De son côté, la Banque mondiale n’a pas souhaité commenter les négociations en cours.

Cette orientation traduit l’ampleur financière du chantier ainsi que sa dimension stratégique pour la sécurité énergétique internationale.

Pour les marchés énergétiques, la réussite du montage financier sera l’une des principales étapes avant le lancement effectif des travaux. Au-delà de son impact sur l’intégration énergétique ouest-africaine, le projet pourrait attirer davantage d’investissements internationaux dans les infrastructures africaines, notamment si des institutions financières mondiales confirment leur engagement. Pour les pays traversés, le gazoduc représente également une opportunité de renforcer les infrastructures énergétiques et les recettes liées au transit du gaz.

Ousseni SAKANDE

Le Ouagalais

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page