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Afrique|économie : Afreximbank débloque 110 millions d’euros pour accélérer la transformation économique du Tchad

@économie. Le Ouagalais

Le partenariat entre le Tchad et Afreximbank franchit une nouvelle étape. La banque panafricaine accorde au gouvernement tchadien une facilité de 110 millions d’euros, destinée à financer des infrastructures favorisant le commerce. Un appui qui intervient alors que N’Djamena cherche à diversifier son économie et à réduire progressivement sa dépendance au pétrole.

Le Tchad renforce ses capacités de financement pour accompagner sa transformation économique. Le gouvernement tchadien et la Banque Africaine d’Import-Export (Afreximbank) ont signé, le 5 août 2026 au Caire, un accord portant sur une facilité de 110 millions d’euros en monnaie locale.

Selon les autorités tchadiennes, il s’agit du plus important financement jamais accordé par Afreximbank au Tchad. Les ressources doivent servir à financer des projets d’infrastructures facilitant le commerce, inscrits dans la loi de finances 2026. L’objectif est notamment d’améliorer les connexions nécessaires aux échanges, de renforcer les capacités productives et de créer de meilleures conditions pour la circulation des biens.

Au-delà du montant, cette opération traduit surtout le renforcement du partenariat économique entre le Tchad et Afreximbank. Les deux parties avaient déjà signé en juin 2025 un protocole d’accord définissant plusieurs domaines de coopération dont le développement de l’agriculture et du potentiel agropastoral, l’agriculture destinée à l’exportation, le commerce de l’or, le développement du lac Tchad, les produits pétroliers raffinés et les capacités de raffinage.

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Pour Afreximbank, l’enjeu est de contribuer à la création de chaînes de valeur locales, à l’industrialisation et au développement des échanges intra-africains. Le président de la banque, George Elombi, considère ainsi le financement comme une étape importante du partenariat. Il met notamment en avant les projets industriels, les infrastructures de transport reliant le Tchad à l’Égypte et à la Libye, ainsi que les investissements dans l’énergie, le raffinage et les activités économiques autour du lac Tchad.

Du côté tchadien, le ministre d’État chargé des Finances, Tahir Hamid Nguilin, estime que cette opération traduit la confiance d’Afreximbank dans les perspectives économiques du pays. Le gouvernement entend utiliser ces ressources pour financer des projets inscrits dans ses priorités budgétaires, notamment dans les infrastructures et le commerce.

L’intérêt de cette opération se mesure surtout à l’aune du défi économique auquel le Tchad est confronté. Pendant plusieurs années, la croissance du pays a été fortement liée au secteur pétrolier. La Banque mondiale souligne d’ailleurs depuis plusieurs années la nécessité de diversifier l’économie tchadienne, notamment à travers l’agriculture, l’élevage, l’agro-industrie et les services.

Cette orientation rejoint également le nouveau cadre de partenariat de la Banque mondiale avec le Tchad pour la période 2026-2031.

L’institution internationale veut notamment favoriser une croissance davantage tirée par le secteur privé, la création d’emplois, le développement du capital humain, l’accès à l’énergie et la sécurité alimentaire. Elle insiste également sur la mobilisation de capitaux privés et le renforcement de la résilience économique.

voir aussi: Afrique|finance et commerce : Afreximbank noue un partenariat stratégique avec ICIEC pour stimuler le commerce et les investissements arabo-africains.

La Banque mondiale estime actuellement que la croissance tchadienne devrait atteindre en moyenne 3,9 % sur 2026-2027, avec une croissance du PIB hors pétrole attendue autour de 4,2 % à moyen terme.

Ces prévisions montrent que le Tchad dispose d’un potentiel de croissance, mais que le véritable enjeu réside désormais dans sa capacité à transformer cette croissance en activité productive, emplois et diversification économique.

Pour le Tchad, le financement de 110 millions d’euros prend ainsi une dimension stratégique. L’objectif est de disposer des bases nécessaires pour développer les échanges, attirer davantage d’investissements et créer des activités de transformation.

Cette approche correspond également à la stratégie d’Afreximbank, qui finance à travers le continent des infrastructures liées au commerce, des zones économiques spéciales, des projets industriels et des chaînes de valeur locales.

Pour N’Djamena, le défi sera désormais de transformer ces financements en infrastructures opérationnelles, en nouvelles capacités de production et, surtout, en emplois. C’est à cette condition que le partenariat avec Afreximbank pourra véritablement accompagner le changement de modèle économique recherché par le Tchad

Le Ouagalais

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