Ghana |Finance : le FMI met en garde contre le coût des subventions sur le carburant
@Finance. Le Ouagalais
Le Ghana retrouve progressivement de la stabilité économique, mais le Fonds monétaire international (FMI) appelle Accra à la prudence. En cause ; une réduction temporaire du prix du diesel qui pourrait coûter près de 500 millions de cedis, soit environ 43 millions de dollars. Pour le FMI, cette mesure ne doit pas remettre en cause les efforts réalisés dans le cadre du programme de redressement économique du pays.
Le Ghana veut soutenir les consommateurs face au coût du carburant, mais le FMI craint que cette décision ne fragilise les finances publiques. Le gouvernement ghanéen a décidé d’accorder, pour le mois d’août 2026, une réduction de 2 cedis par litre sur le diesel. Selon les estimations du ministère de l’Énergie, cette mesure pourrait représenter un coût d’environ 500 millions de cedis, soit près de 43 millions de dollars.
Pour Accra, il s’agit d’une mesure temporaire destinée à alléger la pression sur les ménages et les entreprises. Mais pour le FMI, l’enjeu dépasse le seul prix à la pompe mais il concerne la capacité du Ghana à maintenir la discipline budgétaire engagée depuis plusieurs années.
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La mise en garde du FMI intervient alors que le Ghana affiche plusieurs signes d’amélioration de sa situation macroéconomique. Le pays bénéficie d’un programme d’aide du Fonds d’environ 3 milliards de dollars, destiné à accompagner son redressement économique et financier. Les autorités ont engagé des mesures visant notamment à réduire les déséquilibres budgétaires, restaurer la confiance des investisseurs et renforcer les réserves extérieures.
La situation monétaire s’est également améliorée. Les réserves de change de la Banque centrale ont fortement progressé tandis que l’inflation a nettement reculé par rapport aux niveaux particulièrement élevés enregistrés ces dernières années.
Dans ce contexte, le Conseil d’administration du FMI a validé une nouvelle tranche de financement de 371 millions de dollars, portant un nouveau soutien au programme de redressement du Ghana. La prudence du Fonds s’explique surtout par l’expérience récente du Ghana.
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En 2022, l’accumulation de dépenses publiques et de subventions sur les produits pétroliers, dans un contexte de fortes tensions économiques, avait contribué à aggraver les déséquilibres budgétaires du pays. Le Ghana avait ensuite été confronté à une grave crise de dette et à un défaut de paiement sur une partie de sa dette extérieure.
Pour le FMI, le risque est donc de voir réapparaître des mécanismes qui augmenteraient rapidement les dépenses publiques sans ressources suffisantes pour les financer.
Une subvention sur le carburant peut effectivement réduire temporairement le prix payé par les consommateurs. Mais lorsque l’État prend en charge une partie de la facture, le coût est transféré vers le budget public. Le problème devient particulièrement important lorsque la mesure se prolonge ou lorsque les prix internationaux du pétrole augmentent.
Le gouvernement ghanéen cherche à éviter cette interprétation. Le ministre de l’Énergie, John Jinapor, a indiqué que la réduction de 2 cedis par litre concernait uniquement le mois d’août 2026. Les autorités doivent ensuite évaluer l’évolution du marché avant de décider d’une éventuelle prolongation. C’est précisément sur cette durée que se concentre une partie de la vigilance du FMI.
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Une mesure ponctuelle peut être absorbée par un budget en amélioration. En revanche, une subvention durable peut rapidement devenir une dépense structurelle difficile à supprimer.
Le Ghana se retrouve donc face à un équilibre délicat ; comment soutenir le pouvoir d’achat sans compromettre les résultats du programme de redressement ? le défi n’est donc plus seulement de sortir de la crise. Il est désormais de consolider le redressement sans recréer les déséquilibres qui l’ont conduit à la crise de la dette.
Ousseni SAKANDE
Le Ouagalais




