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Bénin-Éthiopie : une coopération numérique africaine se dessine autour des technologies et des startups

@Innovation économique. Le Ouagalais

Le Bénin et l’Éthiopie veulent renforcer leur coopération dans le numérique. Une délégation béninoise conduite dans le cadre de la transformation digitale a effectué, du 4 au 8 août 2026, une mission de travail à Addis-Abeba. Les échanges ont porté notamment sur la digitalisation des services publics, l’intelligence artificielle, la cybersécurité, l’identification numérique, les infrastructures technologiques et le développement des startups. Pour les deux pays, l’objectif est de mieux utiliser les compétences et les solutions développées sur le continent afin d’accompagner la modernisation des administrations et des économies africaines.

Cette coopération s’inscrit dans une dynamique plus large de transformation numérique engagée par le Bénin depuis plusieurs années. Le pays a notamment développé des services publics numériques, des dispositifs d’identification et différents outils destinés à faciliter les relations entre l’administration, les citoyens et les entreprises. Le ministère béninois de la Transformation Digitale et de l’Innovation est désormais chargé de la stratégie nationale en matière d’intelligence artificielle.

À Addis-Abeba, les responsables béninois ont présenté plusieurs expériences développées au Bénin et ont échangé avec leurs homologues éthiopiens sur les moyens de rapprocher les systèmes numériques des deux pays. L’intérêt de cette démarche tient notamment à la possibilité de partager des expériences africaines plutôt que de rechercher systématiquement des solutions conçues en dehors du continent.

L’Éthiopie dispose elle aussi d’un écosystème technologique en développement. Le pays travaille notamment sur l’intelligence artificielle, les infrastructures numériques et l’accompagnement des jeunes innovateurs. En février 2026, l’Éthiopie a ainsi lancé un AI UniPod à Addis-Abeba, conçu comme une plateforme reliant pouvoirs publics, universités, entreprises et jeunes innovateurs autour de solutions d’intelligence artificielle. Le dispositif comprend notamment des laboratoires, des équipements de robotique et des capacités de calcul destinées à soutenir la recherche et l’innovation.

Le rapprochement avec le Bénin peut donc ouvrir la voie à une coopération plus concrète entre les écosystèmes de startups des deux pays. Les entreprises technologiques pourraient partager leurs compétences, expérimenter leurs solutions sur de nouveaux marchés africains et développer des produits davantage adaptés aux besoins locaux. Cette coopération pourrait notamment favoriser l’utilisation de l’intelligence artificielle dans des secteurs comme l’agriculture, les services publics, la santé et l’éducation.

L’un des intérêts de cette coopération réside dans la possibilité de développer une technologie répondant directement aux réalités du continent. Les besoins d’un agriculteur béninois ou éthiopien, ceux d’une administration locale ou d’une petite entreprise africaine ne sont pas nécessairement les mêmes que ceux d’un utilisateur situé dans un marché plus développé.

Cette approche peut concerner aussi bien les langues locales que les services numériques destinés aux zones rurales, les outils de paiement, la gestion des données, l’agriculture intelligente ou encore les applications utilisant l’intelligence artificielle. Le développement de solutions africaines adaptées aux contraintes de connectivité, de coût et de compétences peut ainsi devenir un axe important de la coopération.

Au Bénin, des infrastructures comme Sèmè City participent déjà à cet écosystème d’innovation. Le pôle rassemble notamment des espaces de formation, de recherche, de coworking et d’innovation. Le pays dispose également d’un UniPod installé à l’Université d’Abomey-Calavi, avec des équipements de conception numérique, de fabrication et de prototypage destinés à rapprocher la recherche, les jeunes innovateurs et les entreprises.

Cette expérience peut servir de point d’appui à de futures collaborations avec les structures éthiopiennes. Pour les startups africaines, l’enjeu est également de pouvoir passer d’une innovation développée localement à une solution capable de circuler sur plusieurs marchés du continent.

Le Ouagalais

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