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UEMOA | Économie : Aboubakar Nacanabo veut convertir la croissance en transformation durable

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Les économies de l’UEMOA maintiennent une dynamique favorable, mais leur trajectoire reste exposée aux chocs extérieurs et aux contraintes structurelles. À Dakar, à l’ouverture de la troisième session ordinaire du Conseil des ministres de l’Union au titre de 2026, le président du Conseil, Dr Aboubakar Nacanabo, a placé la consolidation des performances et la transformation économique au centre des échanges.

L’activité économique de l’Union aurait progressé d’environ 6 % en glissement annuel au deuxième trimestre 2026, après une croissance estimée à 6,1 % au premier trimestre. Sur la même période, l’inflation s’est établie à 0,4 %, selon les données communiquées à l’occasion de la session.

Ces indicateurs traduisent une conjoncture relativement favorable. Mais pour le président du Conseil des ministres, ils ne suffisent pas à garantir la solidité de la trajectoire à moyen terme.

Au-delà de la croissance, l’UEMOA doit pouvoir renforcer ses capacités à résister aux chocs et à produire des effets durables sur les économies nationales.  « Rien n’est définitivement acquis », a relevé Dr Aboubakar Nacanabo, en référence notamment aux incertitudes liées à l’environnement économique international, aux situations propres aux différents États membres et aux effets du changement climatique.

Les tensions géopolitiques, les perturbations des chaînes d’approvisionnement, les contraintes sécuritaires et la volatilité de l’environnement international continuent en effet de peser sur les perspectives économiques de la région. Cette situation renforce l’importance des politiques visant à accroître les capacités productives locales et à réduire les dépendances extérieures.

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Pour l’UEMOA, l’enjeu se situe désormais dans la transformation de la croissance en capacités économiques durables. La progression du produit intérieur brut ne constitue qu’un indicateur de performance. Elle doit également s’accompagner d’une hausse de la production locale, d’une transformation plus importante des matières premières, du développement industriel et de la création d’emplois.

Cette problématique occupe une place croissante dans les orientations défendues au niveau communautaire. La transformation locale des ressources, le développement des unités industrielles et la constitution de chaînes de valeur régionales apparaissent comme des leviers permettant aux économies de conserver une plus grande part de la valeur créée sur leurs territoires.

L’objectif est également de renforcer le marché communautaire afin qu’il puisse jouer davantage son rôle dans la production, la circulation des biens et le financement de l’activité économique.

La transformation économique dépend aussi de la capacité des économies de l’Union à mobiliser les ressources nécessaires à l’investissement. Le crédit à l’économie avait progressé de 5,6 % à fin décembre 2025, contre 4,5 % un an auparavant, selon les données présentées lors de la première session ordinaire du Conseil des ministres de l’UEMOA en 2026.

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Cette évolution traduit une progression du financement bancaire, mais les besoins des économies restent importants, notamment pour les infrastructures, l’industrie, l’énergie, l’agriculture et les petites et moyennes entreprises. La mobilisation de ressources internes constitue ainsi un enjeu central. Elle doit permettre de réduire la dépendance aux financements extérieurs et d’accroître la capacité des États à soutenir leurs investissements prioritaires.

Dans cette perspective, l’intégration régionale représente davantage qu’un objectif institutionnel. Elle constitue un instrument de politique économique.

L’élargissement des marchés, la facilitation des échanges, l’intégration financière et le développement d’instruments communs peuvent permettre aux entreprises de l’Union d’accéder à une demande plus importante et aux États de mutualiser certains moyens de financement.

Les travaux du Conseil des ministres à Dakar portent notamment sur la commande publique, la protection sociale, le fonctionnement des institutions, l’intégration financière et les mécanismes de financement du développement.

Une croissance proche de 6 % peut améliorer les équilibres macroéconomiques, mais son impact économique dépend de sa capacité à soutenir l’investissement productif, l’emploi et les revenus.

C’est dans cette perspective qu’Aboubakar Nacanabo appelle à dépasser la seule préservation des performances actuelles. La croissance doit devenir un levier de transformation structurelle, de création d’emplois, de résilience et de prospérité partagée.

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Pour les économies de l’Union, le prochain enjeu est donc moins de maintenir un rythme de croissance élevé que de renforcer les mécanismes permettant de transformer cette croissance en production, investissement, emplois et valeur ajoutée locale.

La consolidation de ces fondamentaux déterminera en grande partie la capacité de l’UEMOA à faire de sa dynamique actuelle un cycle durable de transformation économique.

Howard S. BELEM

Le Ouagalais

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