Santé et Bien-êtreStartups et entrepreneuriat

Afrique | Assurance santé : un déficit de 106 milliards FCFA met le secteur sous pression

@Startups et entrepreneuriat. Santé et Bien être. Le Ouagalais

Les 4 et 5 novembre 2026, Lomé, la capitale togolaise, accueillera un symposium continental consacré à l’avenir de l’assurance santé en Afrique. Organisée par la Fédération des Sociétés d’Assurances de Droit National Africaines (FANAF), en collaboration avec le marché togolais des assurances, cette rencontre réunira entre 300 et 400 participants autour d’un défi majeur pour le secteur, celui de concilier l’élargissement de la couverture médicale avec la viabilité financière des compagnies d’assurance.

Dans la zone de la Conférence interafricaine des marchés d’assurances (CIMA), le déficit technique cumulé de la branche assurance santé a atteint environ 106 milliards FCFA entre 2020 et 2024, selon les données communiquées par la FANAF. Ce déséquilibre met en évidence les difficultés économiques d’une branche pourtant essentielle à l’accès aux soins et à la protection financière des ménages.

Placée sous le thème « Bâtir un écosystème de l’assurance santé viable, inclusif et durable en Afrique », la rencontre de Lomé doit permettre aux professionnels d’examiner les facteurs qui fragilisent les résultats des assureurs et les solutions susceptibles d’améliorer durablement leur performance. La maîtrise des dépenses médicales, la lutte contre la fraude, la digitalisation des services et l’amélioration des relations entre les compagnies d’assurance et les prestataires de soins figurent parmi les principaux axes de réflexion.

voir aussi: Afrique|Commerce intra-africain : Un forum de la ZLECAf attendu à Lomé en Octobre prochain

La progression des coûts de santé, les difficultés de contrôle des prestations et les limites des mécanismes de gestion constituent autant de défis pour les opérateurs. Dans un environnement où les dépenses médicales peuvent rapidement déséquilibrer les comptes techniques, les assureurs doivent renforcer leurs dispositifs de suivi et de maîtrise des risques sans compromettre la qualité des garanties proposées aux assurés.

L’autre enjeu concerne l’étendue de la couverture sanitaire. Une part importante des travailleurs du secteur informel, des populations rurales et des petites et moyennes entreprises demeure insuffisamment protégée. Cette situation limite l’accès aux soins pour de nombreux ménages, tout en laissant inexploité un potentiel de développement pour les marchés africains de l’assurance.

L’élargissement de la couverture représente ainsi un double impératif économique et social. Pour les compagnies, il s’agit de conquérir de nouveaux segments de marché et de développer des offres adaptées aux capacités financières des populations. Pour les assurés, l’objectif est de bénéficier d’une protection accessible contre les dépenses de santé, qui peuvent fragiliser les revenus des familles et la trésorerie des entreprises.

voir aussi: Afrique de l’Ouest|Finance : Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) renforce ses capacités de financement avec une augmentation de son portefeuille assurance-crédit

La complémentarité entre l’assurance privée et la couverture maladie universelle occupera également une place importante dans les discussions. Les professionnels devront examiner les modalités de coopération entre les différents mécanismes de financement des soins, afin d’améliorer l’accès aux prestations tout en limitant les risques de déséquilibre financier. La réussite de cette démarche dépendra notamment de l’adaptation des produits aux réalités économiques nationales, de la qualité de la gouvernance et de la capacité des acteurs à maîtriser les dépenses.

Les travaux devraient aboutir à l’élaboration de la Feuille de route 2027-2030 des marchés africains de l’assurance santé. Ce document doit définir des priorités communes et établir un cadre de suivi des engagements pris par les acteurs du secteur. Il constituera un instrument de coordination pour accompagner les réformes et renforcer la durabilité des systèmes d’assurance santé sur le continent.

Pour la FANAF, présidée par Mamadou G. K. Koné, l’enjeu est de faire émerger des mesures opérationnelles face aux déséquilibres observés. La réduction du déficit technique, l’amélioration de la gestion des risques et l’extension de la couverture devront progresser de manière cohérente pour éviter que la recherche de rentabilité ne se fasse au détriment de l’accessibilité des soins.

voir aussi: Afrique| Santé : Il y a 20 ans les pays africains devraient allouer chacun 15% de son budget national à la santé, et après ?

Le symposium de Lomé intervient ainsi à un moment décisif pour les marchés africains de l’assurance santé. Avec un déficit technique de 106 milliards FCFA enregistré sur cinq ans dans la zone CIMA, la question n’est plus seulement de développer les contrats, mais de construire un modèle économique capable de financer durablement les prestations promises. La capacité des assureurs à mieux contrôler les coûts, à innover dans leurs offres et à toucher les populations encore exclues de la couverture médicale sera déterminante pour l’avenir du secteur.

Howard S. BELEM

Le Ouagalais

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page