Burkina Faso | Coopération avec la Türkiye : sécurité, investissements et transfert de compétences au cœur des ambitions
@économie durable. Le Ouagalais

La première session des consultations politiques entre le Burkina Faso et la République de Türkiye, tenue le 20 octobre 2026 à Ankara, ouvre une nouvelle étape dans le rapprochement entre les deux pays. Au-delà du dialogue diplomatique, Ouagadougou entend obtenir des résultats concrets dans les domaines de la sécurité, de la santé, de l’industrialisation, de l’agriculture et de la formation professionnelle. Une ambition qui s’appuie sur des échanges commerciaux déjà significatifs, mais dont le potentiel reste à mieux convertir en investissements productifs et en retombées économiques locales.
Les parties burkinabè et turques ont passé en revue plusieurs axes de la coopération. Les discussions ont notamment porté sur l’éducation, la santé, l’agriculture, l’élevage, les mines, l’énergie et le développement industriel. Pour les deux pays, l’enjeu consiste désormais à transformer les orientations politiques en programmes opérationnels, susceptibles de renforcer les capacités nationales et de soutenir le développement économique et durable du Burkina Faso.
Sur le plan commercial, la coopération dispose déjà d’une base significative. Selon des données officielles, le volume des échanges entre les deux pays s’est établi à 181 millions de dollars en 2023, soit environ 110 milliards FCFA. En 2024, il atteignait 198 millions de dollars, équivalant à près de 120 milliards FCFA. Ces chiffres font preuve d’un dynamisme dans les relations économiques entre les deux pays. Ils confirment également l’existence d’un potentiel économique important, qui reste à exploiter davantage au profit des entreprises burkinabè.
Dans le secteur de la santé, les consultations d’Ankara ont permis de mettre en avant les acquis du soutien turc au renforcement des compétences nationales en matière de transplantation rénale. Le chef de la délégation burkinabè a également plaidé pour la mise en place d’un circuit de visas sanitaires d’urgence au profit des patients burkinabè et de leurs accompagnants. L’ambition affichée par Ouagadougou est de réduire progressivement, jusqu’à les supprimer à terme, les évacuations sanitaires à l’étranger grâce au renforcement des infrastructures, des équipements et des compétences médicales nationales. La réalisation de cet objectif nécessitera des investissements durables, une formation spécialisée et un accès renforcé aux technologies médicales.
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La sécurité représente un autre axe stratégique du rapprochement entre Ouagadougou et Ankara. La Türkiye a réaffirmé son engagement à soutenir le Burkina Faso dans ses efforts pour la sécurité, la souveraineté et la défense de son intégrité territoriale. La partie turque a également exprimé le souhait de voir les deux pays signer un accord de défense et de sécurité. Cette proposition constitue une perspective de négociation et non un accord dont la signature aurait été annoncée. Pour le Burkina Faso, un tel cadre pourrait ouvrir des possibilités supplémentaires de coopération technique, de partage d’expertise et de renforcement des capacités, sous réserve des modalités qui seront définies par les deux parties. Les échanges ont également abordé la reconfiguration géopolitique du Sahel central et la Confédération des États du Sahel (AES), le Burkina Faso appelant la Türkiye à développer des partenariats avec les pays de la Confédération, notamment dans la lutte contre le terrorisme.
Au-delà de ces secteurs, les deux délégations ont convenu d’examiner une convention de partenariat entre les instituts diplomatiques burkinabè et turc. Cette perspective pourrait contribuer au renforcement des compétences des diplomates et à une meilleure connaissance des enjeux régionaux et internationaux. Elle s’inscrit dans la volonté de donner davantage de contenu à une relation bilatérale qui ne se limite plus aux échanges politiques, mais vise aussi à mobiliser les savoir-faire et les capacités institutionnelles des deux pays.
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La quatrième Commission mixte de coopération entre le Burkina Faso et la Türkiye, prévue en 2027 à Ouagadougou, constituera une échéance importante pour évaluer les progrès et préciser les engagements. Pour produire des résultats mesurables, cette rencontre pourrait permettre de fixer des objectifs chiffrés concernant les investissements réalisés, les emplois créés, les exportations burkinabè, les professionnels formés et les capacités sanitaires renforcées. La clarification des mécanismes de financement et du calendrier d’exécution des projets serait également déterminante.
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