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Kenya | Énergie : Dangote lance un projet de raffinerie de 17 milliards de dollars à Lamu

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Le groupe Dangote lance un projet de raffinerie de 700 000 barils de pétrole brut par jour à Lamu, sur la côte kényane. Avec un investissement annoncé entre 16 et 17 milliards de dollars, l’infrastructure vise à réduire la dépendance de l’Afrique de l’Est aux importations de produits pétroliers et à créer un nouveau pôle industriel autour du port de Lamu.

Le groupe du milliardaire nigérian Aliko Dangote a lancé, le 30 septembre, les travaux préparatoires de sa future raffinerie de pétrole à Lamu, sur la côte kényane. La cérémonie de lancement s’est déroulée en présence du président kényan William Ruto, ainsi que de dirigeants de plusieurs pays de la région, dont le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed et le président Ougandais Yoweri Museveni.

Pour Aliko Dangote, l’enjeu dépasse la construction d’une simple raffinerie. Le projet doit renforcer les capacités industrielles africaines et permettre au continent de transformer davantage localement son pétrole. Le financement devrait reposer majoritairement sur l’endettement. Selon les éléments communiqués autour du projet, environ 70 % de son coût pourraient être financés par emprunt, le solde provenant de fonds propres.

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Le Kenya envisage également une participation d’environ 500 millions de dollars. L’Éthiopie et le Rwanda ont, de leur côté, manifesté leur intérêt pour prendre part au projet.

Le montage bénéficie notamment du soutien de Dangote Industries et de l’Africa Finance Corporation (AFC). Sur le plan technique, le groupe a confié à Engineers India Ltd. ; un contrat de plus de 450 millions de dollars portant sur la gestion de projet, l’ingénierie, l’approvisionnement et la gestion de la construction. L’entreprise indienne avait déjà participé à la réalisation de la raffinerie Dangote au Nigeria.

La raffinerie doit notamment approvisionner le Kenya, l’Ouganda, la Tanzanie, le Rwanda, le Soudan du Sud et la République démocratique du Congo. Essence, diesel et kérosène pourraient ainsi être produits à proximité des principaux marchés consommateurs d’Afrique de l’Est et d’une partie de l’Afrique centrale. L’enjeu économique est important. Selon l’Africa Finance Corporation, l’Afrique importe encore environ 70 % des carburants qu’elle consomme, alors que le continent dispose de ressources pétrolières significatives.

Le projet de Lamu s’inscrit donc dans une logique de réduction des importations de produits raffinés et de développement des capacités africaines de transformation. Il est également prévu une centrale électrique de 1 000 mégawatts, dont environ la moitié de la production pourrait être injectée dans le réseau kényan.

Les autorités kényanes anticipent par ailleurs la création d’environ 60 000 emplois, directs et indirects, ainsi que le développement d’activités pétrochimiques, logistiques et industrielles autour de Lamu.

Le choix du site repose aussi sur la présence du port en eaux profondes de Lamu, qui peut faciliter l’importation du pétrole brut et l’acheminement des produits raffinés vers les marchés régionaux.

Le Kenya ne produit pas encore de pétrole à une échelle commerciale. L’Ouganda prépare sa montée en production, tandis que le Soudan du Sud reste le principal producteur de brut de la région.  La raffinerie pourrait dépendre dans un premier temps de brut importé depuis d’autres régions du monde. La disponibilité de la production régionale et le développement des infrastructures de transport, notamment les pipelines, détermineront la capacité de l’installation à s’approvisionner progressivement auprès des producteurs africains.

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Au Nigeria, le groupe exploite déjà une raffinerie d’une capacité de 650 000 barils par jour, entrée en service en 2024. L’installation doit progressivement monter en puissance et pourrait atteindre 1,4 million de barils par jour d’ici 2028. Avec Lamu, Dangote cherche désormais à renforcer sa présence sur plusieurs marchés africains et à participer directement à la transformation du brut en produits finis destinés aux consommateurs du continent.

La construction de la raffinerie kényane devrait durer environ trois ans, avec une mise en service envisagée autour de 2030, sous réserve du respect du calendrier du projet.

Poulma Z.

Le Ouagalais

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