Niger |Pétrole : Niamey arrache des concessions majeures à la Chine et renforce sa souveraineté énergétique
@Actualités économiques. Le Ouagalais
Le Niger vient de franchir un cap stratégique dans la gestion de ses ressources pétrolières. Après une année de tensions avec le géant chinois China National Petroleum Corporation (CNPC), Niamey a réussi à renégocier des accords clés en sa faveur, marquant un tournant décisif dans sa politique énergétique.
Signés en mai 2026, ces nouveaux protocoles d’accord redéfinissent le rapport de force entre l’État nigérien et son principal partenaire pétrolier. Désormais, le Niger détiendra 45 % de West African Oil Pipeline Company (WAPCO), la filiale locale de la CNPC en charge du transport du brut.
Mais l’avancée ne s’arrête pas là. Les autorités nigériennes ont également obtenu une ‘’nationalisation’’ accrue des postes stratégiques dont 60 % des postes de direction seront occupés par des Nigériens, contre 30 % auparavant. Sur le plan opérationnel, 80 % des emplois seront réservés à la main-d’œuvre nationale.
La réduction drastique du tarif de transport du pétrole par oléoduc, qui passe de 27 à 15 dollars par baril. Cette mesure permettra à l’État nigérien d’économiser environ 106 millions de dollars par an, soit près de 60 milliards de francs CFA — une bouffée d’oxygène pour les finances publiques.
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Ces avancées interviennent dans un contexte de stabilisation de la production pétrolière, désormais estimée à 110 000 barils par jour. Cette performance est soutenue par l’oléoduc Niger-Bénin, long de 1 950 km, opérationnel depuis 2024, qui offre au pays un accès direct à l’océan Atlantique pour ses exportations.
Depuis ses débuts modestes en 2011 avec 20 000 barils/jour, le Niger a considérablement accéléré son développement pétrolier, notamment grâce aux nombreuses découvertes dans le bassin d’Agadem.
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Niamey ambitionne de bâtir une véritable chaîne de valeur énergétique intégrée, avec plusieurs projets structurants comme la raffinerie à Dosso, des infrastructures de stockage stratégique, la production de carburants (GPL, carburéacteur), le traitement du gaz naturel, et surtout le projet de gazoduc transsaharien reliant le Nigeria à l’Algérie via le Niger, avec une ouverture vers le marché européen.
Avec près de 70 % de son territoire constitué de bassins sédimentaires encore largement sous-explorés, le Niger dispose d’un potentiel énergétique considérable. Huit blocs pétroliers couvrant plus de 240 000 km² restent disponibles pour de futurs investissements.
Ce repositionnement stratégique du Niger attire déjà l’attention dans la sous-région. Au Tchad, plusieurs syndicats du secteur pétrolier appellent à s’inspirer du modèle nigérien, jugé plus favorable aux intérêts nationaux.
Au Niger, comme dans la confédération AES, cette dynamique illustre une tendance de fond en Afrique ; les États producteurs cherchent désormais à reprendre le contrôle de leurs ressources naturelles et à capter une plus grande part de la valeur générée. Une évolution qui pourrait bien redessiner l’équilibre du secteur extractif sur le continent.
Ousseni SAKANDE
Le Ouagalais




