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CILSS : malgré les crises, le Sahel renforce sa résilience et accélère ses projets régionaux

@Dossiers spéciaux. Le Ouagalais

2025 n’a pas été une année ordinaire pour le Comité permanent Inter-États de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS). À mi-parcours de son cycle stratégique 2023-2027, l’institution a dû affronter un environnement marqué par des crises sécuritaires persistantes et une fragilité économique. Le rapport d’activités souligne que « les pays du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest ont continué de faire face à la persistance de crises sécuritaires, à la pression croissante sur les ressources naturelles, aux mouvements de populations et aux effets amplifiés du changement climatique » (Rapport, p. 7).

Les tensions sécuritaires ont eu des conséquences directes sur la mise en œuvre des projets. Certaines zones d’intervention sont devenues difficilement accessibles, ralentissant la réalisation des activités prévues. Le rapport mentionne également des « perturbations institutionnelles dans certains États membres » (Rapport, p. 22), qui ont fragilisé la gouvernance locale et la coordination régionale.

Sur le plan économique, la région a enregistré une croissance estimée à 3,2 %, qualifiée de « modérée mais fragile » (Rapport, p. 7). Cette reprise a été freinée par la hausse des prix des intrants agricoles, les coûts élevés du transport et de l’énergie, la variabilité climatique alternant sécheresses et inondations.

À cela s’ajoute une réduction significative de l’aide au développement, notamment de l’USAID, qui a contraint le CILSS à restructurer son intervention (Rapport, p. 7).

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Malgré ces contraintes, le CILSS a maintenu un niveau d’exécution jugé satisfaisant ; 73,3 % de taux d’exécution physique et 63 % de taux d’exécution financière (Rapport, p. 22). Ces chiffres traduisent la résilience de l’institution, mais aussi les limites imposées par les crises. Les projets phares tels que le PRAPS-2 (pastoralisme), le PARIIS (irrigation) ou le PRSA/FSRP (sécurité alimentaire) ont dû s’adapter, avec des ajustements dans la planification et la mobilisation des ressources.

Le rapport ouvre des pistes pour l’avenir et plusieurs axes se dessinent pour renforcer son efficacité. Il faut pérenniser les acquis en matière de sécurité alimentaire et de résilience climatique, renforcer la gouvernance institutionnelle, capitaliser et diffuser les innovations techniques, diversifier les partenariats et financements afin de réduire la dépendance vis-à-vis de quelques bailleurs (Rapport, p. 22).

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Au-delà des chiffres, l’année 2025 met en lumière la vulnérabilité des systèmes régionaux face aux crises multiples. Force est de constater qu’elle révèle aussi une capacité d’adaptation qui pourrait servir de socle pour l’avenir.

Dans un Sahel en pleine mutation, la réponse ne peut être que collective. Plus que jamais, la coopération régionale, l’innovation et une gouvernance renforcée apparaissent comme les clés pour transformer les crises en opportunités durables.

Howard S. BELEM

Le Ouagalais

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