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Gabon : la dette publique grimpe de 23 % et atteint 8 780 milliards FCFA, portée par les emprunts sur le marché régional

@Finance. Le Ouagalais

La dette publique du Gabon a connu une forte progression en 2025. Selon les données de la Direction générale de la dette, son encours a atteint 8 780,3 milliards de FCFA à la fin du mois de décembre, contre environ 7 133 milliards de FCFA un an plus tôt, soit une hausse de 23 %.

Cette augmentation provient presque exclusivement de la dette intérieure. Celle-ci s’établit désormais à 4 652,7 milliards de FCFA, en progression de 57 % sur un an. À l’inverse, la dette extérieure a légèrement reculé de 0,98 % pour s’établir à 4 127,6 milliards de FCFA.

Le gouvernement gabonais privilégie désormais le financement sur le marché financier régional. Les titres publics émis sur ce marché représentent 3 449,9 milliards de FCFA, soit près de 39 % de l’ensemble de la dette publique du pays.

Cette stratégie est confirmée dans le budget rectificatif de 2026, qui prévoit 2 251,8 milliards de FCFA de ressources destinées à couvrir les besoins de trésorerie et de financement de l’État.

L’évolution est notamment liée à une forte hausse des émissions d’obligations et de bons du Trésor, passées de 480,3 milliards de FCFA en 2024 à 1 282,8 milliards de FCFA en 2025. Dans le même temps, les financements obtenus auprès des partenaires extérieurs sous forme de prêts-programmes ont fortement diminué, tombant à 36,1 milliards de FCFA, contre 830,5 milliards de FCFA un an auparavant.

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Par ailleurs, la dette intérieure a été alourdie par la régularisation comptable de 758,7 milliards de FCFA d’engagements publics jusque-là considérés comme des arriérés. Cette opération traduit davantage une mise à jour des comptes publics qu’un nouvel endettement.

Les charges liées au remboursement de la dette continuent toutefois de progresser. Pour 2026, le gouvernement prévoit 487,6 milliards de FCFA pour le paiement des intérêts et 1 309,2 milliards de FCFA pour l’amortissement du principal, faisant du service de la dette l’un des principaux postes de dépenses de l’État.

La progression de la dette peut sembler inquiétante, mais les chiffres montrent surtout un changement de stratégie de financement. Le Gabon réduit progressivement sa dépendance aux bailleurs internationaux en mobilisant davantage l’épargne disponible sur le marché financier régional.

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En revanche, cette stratégie exige une gestion budgétaire rigoureuse. Plus les emprunts augmentent, plus les remboursements futurs pèseront sur les finances publiques. La soutenabilité de cette dette dépendra donc de la capacité du pays à maintenir ses recettes, à maîtriser ses dépenses et à financer des investissements générateurs de croissance.

Autrement dit, les données ne traduisent pas nécessairement une crise de la dette, mais elles montrent que le Gabon entre dans une phase où la qualité de la gestion de ses finances publiques sera déterminante.

Ousseni SAKANDE

Le Ouagalais

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