Assis sous son manguier imaginaire, Tchè Koura TRAORÉ, sacré Tchè Koura lui-même, observe Ouaga comme on regarde un feuilleton sans pause.
« Hééé Ouagavillois là, doucement hein ! Fin d’année seulement, vous êtes devenus milliardaires ou bien ? »
Il voit les rues pleines comme jour de marché :
– Les tailleurs débordés, machines qui chauffent plus que moto Jakarta à midi.
– Les coiffeuses qui travaillent même le dimanche : “Madame, si tu veux tresser avant le 31, viens dormir ici !”
– Les vendeurs de poulets qui regardent leurs bêtes comme on regarde un héritage : “Celui-là, c’est pour Noël… celui-là, c’est pour le 31… celui-là, c’est pour quelqu’un qui n’a pas négocié.”
Tchè Koura cligne un œil et murmure :
« Toute l’année, on mange riz sans viande. Mais fin décembre, chacun veut faire manger le quartier entier ! »
voir aussi: Société : Sacré Tchè Koura et la chasse aux billets frais à Ouaga !
Il observe aussi les téléphones :
WhatsApp chauffe plus que fer à repasser.
Statuts : “Fin d’année en mode gratitude”
Mais Tchè Koura sait que derrière ça, il y a :
« Qui va payer la boisson ? Qui va gérer la dot du poulet ? Et surtout… comment on commence janvier ? »
Les enfants comptent les jours comme prisonniers avant libération.
Les parents comptent l’argent comme juristes comptent les articles de loi : un par un, avec douleur.
Tchè Koura sourit, l’œil observateur, l’esprit moqueur mais le cœur doux :
« Ouaga, tu es comme ça. Même quand le sac est vide, la joie trouve toujours place pour s’asseoir. »
Il conclut, en ajustant son bonnet imaginaire :
« Préparez la fête, oui. Mais laissez un peu de force pour janvier hein… parce que janvier, lui, ne fête personne ! » 😄
Chronique de Tchè Koura TRAORÉ, observateur certifié des réalités ouagalaises.
Le Ouagalais




