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Nouvelle banque de l’AES : un levier stratégique pour le développement et la souveraineté économique du Sahel

@Innovation économique. Le Ouagalais

Par la Rédaction – leouagalais.net

La Confédération des États du Sahel (AES), regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger, franchit une étape majeure dans sa construction institutionnelle avec la mise en place de sa Banque Confédérale pour l’Investissement et le Développement (BCID-AES). Cette nouvelle institution financière régionale se veut un instrument central de financement du développement, mais aussi un symbole fort de souveraineté économique dans un contexte de profondes recompositions régionales.

Une banque née d’un contexte politique et économique inédit

La création de la BCID-AES intervient dans un environnement marqué par la rupture progressive avec les mécanismes traditionnels d’intégration régionale, notamment la CEDEAO, et par une volonté affirmée des États sahéliens de reprendre le contrôle de leurs leviers économiques stratégiques.

Face aux impératifs financiers, aux conditionnalités inconvenables de certains bailleurs et à l’urgence de financer des projets structurants, les États de l’AES ont fait le choix d’une institution financière endogène, pensée par et pour le Sahel.

Des missions orientées vers les priorités du développement

La BCID-AES se veut pour vocation de financer des secteurs clés pour les économies sahéliennes :

  • Les infrastructures de transport et de désenclavement,
  • L’énergie et l’électrification,
  • L’agriculture et l’agro-industrie,
  • La transformation locale des ressources naturelles, notamment minières,
  • Le soutien aux industries nationales et régionales.

Pour le Burkina Faso et ses pays frères, cette banque représente une opportunité stratégique pour accélérer la réalisation de projets structurants longtemps freinés par le modèle de financement ou par des procédures complexes.

Un outil de souveraineté financière

siège du BCID

Au-delà de son rôle économique, la BCID-AES s’inscrit dans une logique de souveraineté financière. Elle ambitionne de réduire la dépendance aux financements extérieurs, de mobiliser l’épargne régionale et de favoriser des investissements alignés sur les priorités nationales.

Cette approche pourrait permettre aux États de mieux maîtriser l’orientation des capitaux, tout en renforçant la coopération économique entre les pays membres de l’AES.

Des défis à ne pas sous-estimer

Malgré les espoirs qu’elle suscite, la nouvelle banque de l’AES doit tenir compte de plusieurs aspects majeurs :

  • La mobilisation effective du capital annoncé,
  • La mise en place d’une gouvernance crédible, transparente et professionnelle,
  • La gestion des risques sécuritaires, politiques et macroéconomiques,
  • La capacité à rassurer les investisseurs privés et les partenaires techniques.

Sans des mécanismes solides de contrôle, de bonne gouvernance et de viabilité financière, la BCID-AES pourrait peiner à s’imposer comme une véritable banque de développement.

Quelles perspectives pour l’avenir ?

La BCID-AES pourrait devenir un catalyseur de projets structurants régionaux, un outil clé pour le financement des partenariats public-privé, un pilier de l’intégration économique de l’espace AES.

À moyen et long terme, cette banque pourrait également ouvrir la voie à une harmonisation plus poussée des politiques économiques et financières au sein de la Confédération.

En somme, la Banque Confédérale pour l’Investissement et le Développement de l’AES représente une initiative audacieuse et stratégique. Pour le Burkina Faso et ses partenaires sahéliens, elle incarne l’espoir d’un financement du développement plus autonome, mieux adapté aux réalités locales. Toutefois, son succès dépendra avant tout de sa capacité à produire des résultats concrets, visibles et durables au bénéfice des populations.

Rédaction

Le Ouagalais

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