Corridor Lomé–Ouagadougou : la coopération Togo–Burkina en quête d’efficacité économique
@Politiques économiques. Le Ouagalais
Le corridor Lomé–Ouagadougou, artère vitale pour l’économie burkinabè, est au cœur d’un nouvel élan de coopération entre le Togo et le Burkina Faso. Réunis le 3 avril 2026 à Lomé, les responsables des transports et de la logistique des deux pays ont engagé un dialogue franc pour lever les entraves qui pèsent sur la fluidité du transit des marchandises.
Pour le Burkina Faso, le Port autonome de Lomé demeure une porte d’entrée stratégique pour ses importations. Mais cette dépendance logistique s’accompagne de contraintes structurelles qui affectent directement la compétitivité de son économie. Entre Tracasseries routières, lenteurs administratives et vétusté du parc de transport ou encore insuffisances logistiques au port ; voici autant de facteurs qui renchérissent le coût des produits ce qui fragilisent le pouvoir d’achat.
Face à ces défis, la rencontre ministérielle entre la délégation burkinabè conduite par Emile Zerbo, ministre d’Etat en charge de la mobilité et les autorités togolaises s’inscrit dans une dynamique de coopération pragmatique. L’objectif est clair ; celui d’assainir la chaîne de transport et de renforcer l’attractivité du corridor, dans un contexte régional marqué par une concurrence accrue entre les ports et les axes logistiques.
Au cœur des échanges, plusieurs dysfonctionnements ont été mis sur table. Les acteurs burkinabè dénoncent notamment la facturation de surestaries injustifiées, l’insuffisance des capacités de stockage au Port de Lomé, ainsi que le déficit en infrastructures d’accueil pour les gros porteurs. À cela s’ajoutent des préoccupations sécuritaires et des contraintes liées à l’état des voies d’accès, qui ralentissent l’acheminement des marchandises.
Sur le corridor proprement dit, la multiplication des postes de contrôle, les faux frais et certaines redevances additionnelles continuent de peser sur les coûts logistiques. Une situation qui, au-delà des opérateurs économiques, impacte l’ensemble de la chaîne de valeur au niveau national.
Il faut comprendre que la coopération est à double sens et la partie togolaise a, de son côté, pointé des insuffisances du système burkinabè, notamment le manque de transparence dans la répartition du fret, la prolifération d’intermédiaires et la lourdeur des procédures administratives. Des facteurs qui contribuent également à alourdir les coûts et à réduire l’efficacité globale du corridor.
Dans ce contexte, les deux pays semblent converger vers une même exigence ; celle d’une réforme structurelle du transport et de la logistique. La mise en place d’un cadre formel de concertation, soutenue par les deux parties, pourrait constituer un levier pour un suivi régulier des engagements et une meilleure coordination des actions.
Au-delà des constats, cette dynamique de coopération ouvre des perspectives importantes pour le Burkina Faso. L’amélioration de la fluidité du corridor Lomé–Ouagadougou pourrait contribuer à réduire les coûts d’importation, à renforcer la compétitivité des entreprises locales et, in fine, à soutenir la croissance économique.
voir aussi: Burkina Faso|Coopération : Liaison aérienne et Gazoduc au cœur des échanges avec le Ghana
Dans un environnement régional où les enjeux logistiques deviennent déterminants, le partenariat entre Lomé et Ouagadougou apparaît ainsi comme un pilier stratégique. Reste désormais à traduire les engagements en réformes concrètes, pour faire du corridor un véritable moteur d’intégration économique et de développement.
Ousseni SAKANDE
Le Ouagalais




