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Côte d’Ivoire|crise du cacao : Un flou autour du prix garanti qui inquiètent les producteurs

@Actualités économiques. Le Ouagalais

La baisse du prix garanti du cacao de 2 800FCFCA/Kg à 1 200 FCFA/kg révèle les limites du système de régulation ivoirien. Entre pression des marchés internationaux, et colère des producteurs, c’est toute l’économie cacaoyère qui vacille.

La filière cacao ivoirienne traverse une zone de fortes turbulences, la décision des autorités de ramener le prix garanti aux producteurs de 2 800 FCFA à 1 200 FCFA/kg agit comme un révélateur brutal, celui d’un système mis à l’épreuve par les réalités du marché international.

Le Syndicat national agricole pour le progrès en Côte d’Ivoire (SYNAPCI) rejette catégoriquement ce nouveau prix, jugé économiquement insoutenable pour les producteurs. Les conséquences risquent d’emporter toute la chaine de valeur et les producteurs refusent d’acheminer le cacao vers Abidjan. Cette décision menacera l’approvisionnement, avec des conséquences directes sur les exportations.

« Aucun kilogramme ne sera acheminé », prévient le président du SYNAPCI, Kone Moussa.

Cette position est une alerte économiquecar selon le président à 1 200 FCFA/Kg, une bonne partie des producteurs opère à perte et déjà avec beaucoup de difficultés.

voir aussi: Côte d’Ivoire|économie : le prix du cacao a considérablement baissé

L’État de son côté veut ajuster les prix à l’internes face à la baisse des cours mondiaux afin de préserver la compétitivité de la filière et limiter tout déséquilibre budgétaire.  Les producteurs, quant à eux, déjà vulnérables voient cela comme un coup dur.

Le gouvernement avait annoncé 291 millions de francs CFA pour garantir le prix alors que le conseil Café-Cacao évoque 280 millions de francs CFA ; ce qui crée une méfiance et alimente davantage la défiance.

La Côte d’ivoire, première productrice de Cacao demeure dépendante aux dynamiques du marché international quant à la fixation des prix à l’interne. Cette faiblesse mise en nue par cette situation influe toute la structure par des réajustements en cascade jusqu’au producteurs.

Le précédent ghanéen illustre cette tendance régionale. En abaissant également ses prix d’achat de plus de 29 %, le Ghana confirme que les marges de manœuvre des États producteurs sont de plus en plus contraintes dans un marché globalisé.

voir aussi: Ghana |économie : Le pays a enregistré une croissance portée par l’agriculture et les services

Mais au-delà des prix, la crise actuelle révèle des enjeux plus profonds. Le blocage de plus de 700 000 tonnes de fèves dans les ports depuis le début de l’année 2026 pèse lourdement sur la liquidité du secteur et sur les recettes d’exportation. À cela s’ajoutent des défis persistants en matière de traçabilité ; seulement 40 % de la production suivie et qui compliquent l’accès à certains marchés exigeants, notamment européens.

Le risque de contrebande reste aussi élevé et si le bras de fer persiste entre les autorités et les producteurs, une négociation plus inclusive serait nécessaire comme le souhaite l’organisation syndicale. À l’avenir, le modèle économique de la filière doit être soutenu entre protection des revenus locaux et alignement sur les marchés internationaux.   

Le SYNAPCI, tout en maintenant la pression, se dit ouvert au dialogue. Une ouverture qui pourrait constituer la seule issue viable dans un contexte où chaque jour de blocage accentue le coût économique pour l’ensemble du pays.

Sam

Le Ouagalais

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