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Tchè Koura et le dilemme des deux reçus : la moto aux deux vérités

@Chroniques. Le Ouagalais

À Ouagadougou, les histoires ne meurent jamais… elles se transforment. Et quand il s’agit de notre célèbre Tchè Koura TRAORÉ, attendez-vous à ce que la réalité dépasse la fiction !

Après une saison agricole que lui-même qualifie de “bénie par les ancêtres et validée par les nuages”, Tchè Koura décide enfin de passer à la vitesse supérieure. Fini les vélos qui grincent, place à la moto ! Une belle machine brillante, symbole de réussite et de respect au village comme en ville.

Direction le marché. Négociation serrée. Regard ferme. Paroles bien posées.

Tchè Koura sort ses arguments comme un avocat au tribunal :

“Mon frère, moi je ne suis pas venu acheter bruit… je suis venu acheter moteur !”

Après de longues palabres, les deux hommes tombent d’accord : 1 250 000 FCFA.

Transaction conclue. Argent remis. Sourires échangés. Moto livrée.

voir: Sacré Tchè Koura pris à Ouagadougou pour cas d’incivisme

Mais là… le film commence.

Le commerçant sort deux reçus.

– Un premier reçu de 1 250 000 FCFA

– Un second reçu de 925 000 FCFA

Tchè Koura cligne des yeux.

— “Mon frère… c’est quel calcul ça ? Tu vends une moto ou bien tu fais concours de mathématiques ?”

Le vendeur, calme comme un vieux baobab, lui explique :

— “Le reçu de 1 250 000 là… ça c’est pour toi seul. Tu gardes ça comme crottes de chat. Ça ne sort pas. Le reçu de 925 000, ça c’est le reçu officiel. Celui-là, tu peux montrer à tout le monde.”

Silence.

Tchè Koura regarde les deux papiers.

Regarde la moto.

Regarde le commerçant.

Puis regarde encore les papiers.

Dans sa tête, le calcul est simple :

“Donc ma moto a deux prix ?

Un prix pour moi… et un prix pour la République ?”

Le dilemme commence.

S’il accepte, il devient complice d’un système où la vérité se divise en deux reçus :

– un pour la poche

– un pour les papiers

S’il refuse, il risque de perdre la moto de ses rêves… et de passer pour “celui qui complique tout”.

De retour au quartier, les débats s’enflamment.

— “C’est comme ça partout !”

— “Mon frère, faut être malin dans la vie !”

— “Tu veux payer impôt pour qui ?”

— “C’est ça qui gâte le pays !”

Tchè Koura, lui, reste pensif.

Ce n’est plus une histoire de moto.

C’est une histoire de conscience.

“Si chacun fait son petit arrangement, qui va construire le pays ?

Et si moi je refuse, est-ce que ça va changer quelque chose ?”

Le soir, assis devant sa nouvelle moto, il murmure :

Sacré Tchè Koura… tu voulais seulement rouler, te voilà en train de réfléchir comme ministre des finances…”

 Entre le reçu caché et le reçu montré, Tchè Koura découvre une vérité simple :

Le vrai problème n’est pas le prix de la moto…

C’est le prix de notre honnêteté.

CHRONIQUE — “Sacré Tchè Koura TRAORÉ !”

Le Ouagalais

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